Sihanoukville (du 21/01 au 23/01)
Après un mois et demi passé au Vietnam, il faut nous faire une raison et quitter ce beau pays qui fut la plus longue étape depuis le début de notre périple. Nous partons, de la ville frontalière de Hà Tiên, en minibus, pour rejoindre Sihanoukville, dernière étape balnéaire de notre voyage avant le retour dans les terres. Au passage de la douane, nous avons un petit pincement au cœur. Si à notre arrivée dans le Nord, nous avions quelque peu été déçus par le Vietnam, nous en garderons, après ce long séjour, de merveilleux souvenirs. Le temps nous avait finalement permis d'apprivoiser ce pays... mais aussi d'apprendre quelques combines et rudiments de vocabulaire nous permettant de nous en sortir au quotidien. En arrivant au Cambodge, nous repartons de zéro. C'est aussi cela le voyage itinérant !
Au revoir le Vietnam et bonjour le Cambodge ! La frontière est aussi bien marquée par les écritures que l'on peut lire sur les différents panneaux (le khmer est à nouveau indéchiffrable pour nous !) que dans l'architecture. Alors que nous venons de franchir l'imposant poste frontière bétonné du Vietnam, nous nous dirigeons vers une petite cabane au toit de tôle qui n'est autre que le poste de douane du Cambodge ! Juste à l'arrière de ce dernier, se dressent de grands bâtiments abritant des casinos, les jeux d'argent étant (théoriquement) interdits au Vietnam.

Enfin, ça y est, nous sommes au Cambodge ! Ce pays nous réserve, nous l'espérons, de belles découvertes de Phnom Penh au célèbre site des temples d'Angkor. Déjà, la route jusqu'à Sihanoukville (Preah Sihanuk en khmer) nous émerveille par la beauté de la nature qui nous entoure. Sur le bord de la route, on aperçoit des petits tas de sel alignés le long de bassins semblables à des miroirs. Des hommes et des femmes s'affairent dans ces marais salants sous un soleil brûlant.

Au loin, se dressent les montagnes en toile de fond, tandis qu'une nature aride et encore sauvage s'étend à perte de vue. Ces paysages ne sont pas sans nous rappeler ceux du Laos et nous sommes à la fois enchantés et impatients de découvrir ce nouveau pays.
 
Nous arrivons enfin à Sihanoukville à la nuit tombée. Le minibus, dont nous sommes les derniers passagers, nous dépose devant l’hôtel que nous lui avons indiqué. Première mauvaise surprise, celui-ci ne dispose plus d'aucune chambres libres. Nous enchaînons ainsi les hôtels complets à proximité de la plage, et pour cause, le nouvel an chinois* débute le surlendemain. Sihanoukville étant un peu comme le "Saint Trop" cambodgien, ce n'est donc plus la peine d'espérer trouver une chambre le long de la plage. Nous décidons donc de nous en éloigner et d'aller tenter notre chance au centre ville. C'est au moment de régler l’hôtel que tombe la seconde mauvaise surprise. Le prix de notre chambre sera triplé à partir du 23 janvier, c'est ainsi que cela se passe dans toute la ville pour le Têt. Cela remet sérieusement en question la durée ce notre séjour ici... Le soir, alors que nous sortons retirer de l'argent à la banque, nous n'en revenons pas. Ce ne sont pas des riels cambodgiens que nous délivre le distributeur mais des dollars US. Nous apprendrons par la suite que, si la monnaie officielle du Cambodge est le Riel**, c'est bien le dollar qui circule ici. Pour simplifier les choses, la monnaie est rendue en dollars, complétée de riels pour les "centimes". Un bon exercice pour le calcul mental !
Le lendemain, nous découvrons la ville, qui est sans grand intérêt. C'est sous une chaleur cuisante que nous nous dirigeons peu à peu vers la plage. En chemin, nous traversons une rue bordée d'habitations. Le contraste est saisissant. D'un côté, les simples cabanes en bois font face, de l'autre côté, à de grandes propriétés aux murs d'enceintes surmontés de barbelés. Sur la route, les bicyclettes rouillées se font dépasser par les 4x4 climatisés...
Enfin, nous atteignons la plage et ses dizaines de restaurants buvettes qui s'étendent à perte de vue. Les innombrables transats et parasols qui ont envahi le sable nous laissent à peine apercevoir la mer. Quelques centaines de mètres plus loin, nous trouvons finalement un endroit un peu plus tranquille et nous y accordons un après-midi farniente. Certes, l'eau n'est pas aussi turquoise qu'à Phú Qu?c mais elle est tout aussi chaude. Pendant sa baignade, Vincent se prend au jeu avec un petit garçon qui ne le quitte plus !

Mais à côté de ce tableau idyllique se déroule une autre vie autrement plus dure. Tout au long de cet après-midi, nous ne cessons de voir passer de jeunes enfants, ou encore des handicapés, récupérer les bouteilles et canettes vides consommées par les touristes. Traînant leurs gros sacs derrière eux, sous une chaleur assommante, ils vont et viennent, essayant de trouver le maximum de déchets à revendre au recyclage. Une situation qui nous met particulièrement mal à l'aise alors que, de notre côté, nous profitons simplement du paysage qui s'offre à nous...

Finalement, en raison du peu d'intérêt qu'offre Sihanoukville, qui ne peut se vanter, disons le franchement, que de ses plages à touristes, mais également en raison de l’approche du Têt, nous décidons de partir dès le lendemain pour Phnom Penh. Cette étape n'aura, certes, pas été la meilleure de notre voyage mais elle nous aura tout de même permis de voir la côte cambodgienne, ainsi que ses habitants qui s'y réunissent le soir... et prennent des bains de mer tout habillés !

* Le nouvel an chinois, ou Têt, a lieu le 23 janvier cette année.
** 1 dollar US = 4000 riels cambodgiens
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Publié à 08:38, le 18/02/2012, Sihanoukville Mots clefs :
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Phú Quoc (du 17/01 au 21/01)
AVERTISSEMENT ! Ayant des échos de la vague de froid qui sévit actuellement en Europe, nous vous prions par avance de nous excuser pour la mise en ligne de cet article qui, malheureusement, risque d'agacer certains de nos lecteurs. Merci de ne pas nous en tenir rigueur... L&V
S'il existe des paradis sur terre, Phú Quoc doit certainement en faire partie... Imaginez des températures estivales presque toute l'année, des kilomètres de plages de sable fin bordées de cocotiers et une eau turquoise et transparente. Vous êtes bien à Phú Quoc, la plus grande île du Vietnam, située 12 km au large du Cambodge.

Après en avoir rêvé depuis un moment, nous déchantons pourtant un peu à notre arrivée sur l'île. Partis au petit matin de Hà Tiên (ville vietnamienne située à la frontière cambodgienne), nous nous rendons sur l'île en bateau, ou plutôt en "bus flottant ultra rapide", et atteignons notre but au bout d'une heure et demie. Nous traversons l'île en minibus en direction de la ville de Duong Dông. Celui-ci nous dépose le long de la plage de Long Beach qui s'avère être, comme nous le redoutions, un véritable repère à touristes venus griller comme des homards tout l'après-midi en sirotant des cocktails sur leurs transats. Tourisme oblige, les bungalows sont hors de prix et, pire encore, complètement vétustes. Après avoir passé une nuit à l’hôtel, nous prenons finalement nos cliques et nos claques et allons chercher une petite pension en ville, plus proche de la vie locale. Nous décidons, également, de louer un scooter durant trois jours afin de pouvoir sillonner, en toute liberté, cette île longue d'environ 50 km sur 20 km de large.
Au sortir de la ville, nous voici donc lancés, sur les pistes de terre rouge, à la découverte d'une île encore sauvage aux paysages magnifiques. Si Phú Quoc vit désormais en grande partie du tourisme, qui s'y développe à la vitesse "grand V" depuis quelques années, elle n'en reste pas moins très authentique lorsqu'on s'aventure un peu en dehors des sentiers battus. C'est ainsi que nous nous arrêtons, en nous aventurant vers le Nord de l'île, dans un charmant petit village de pêcheurs. À notre arrivée, nous sommes étonnés de ne pouvoir franchir, comme prévu, la rivière en scooter. Pour cause, notre Guide du R... nous indiquait formellement "malgré son aspect vermoulu, le pont de cédera pas" ! Eh bien si ! Une petite mise à jour s'impose pour l'édition suivante... Assis au bord de ce pont cassé, ce n'est pas sans plaisir que nous regardons les villageois traverser le cours d'eau sur de curieuses embarcations !

Quelques kilomètres plus au nord, nous l'avons enfin trouvée : la plage de nos rêves, totalement déserte, aux couleurs à couper le souffle. Mais ce que nous ne savons pas encore, c'est que ce n'est qu'une plage parmi tant d'autres que nous découvrirons par la suite, toutes plus belles les unes que les autres.

En fin d'après-midi, nous atteignons la pointe nord-ouest de l'île et nous promenons dans un autre village de pêcheurs. Des dizaines de bateaux de pêche en bois y sont amarrés. La pêche constitue, en effet, l'une des autres sources importantes de revenu de l'île. De plus, Phú Quoc est réputée pour fabriquer le meilleur nuoc-mâm de tout le pays. Cette sauce, fabriquée à partir de petits poissons appelés cá com (anchois) dont on récupère le jus de la macération, constitue la base de nombreux plats vietnamiens. Nous observons un jeune garçon faire des allers et retours, depuis le rivage, les bras chargés, et nous nous approchons pour voir ce qu'il ramasse ainsi. À travers l'eau transparente, nous apercevons une quantité d'étoiles de mer rouge corail. Sur le sable, de magnifiques coquillages couvrent l'ensemble de la plage. Un petit paradis pour les vendeurs de souvenirs !

La journée se termine tranquillement par un bain de mer au coucher du soleil. Impossible de se lasser de ces paysages et lumières sublimes...

Le jour suivant nous réserve aussi bien de bonnes que de mauvaises surprises. Tout commence plutôt bien le matin. Nous découvrons la plage de Bãi Sao qui est absolument paradisiaque. Le sable y est d'une blancheur éblouissante, l'eau d'un bleu éclatant. Quant à la température de l'eau, on ne vous en parle même pas... Seul petit bémol : le soleil qui, dès 10h00 du matin, tape déjà très fort (mais ça, nous ne nous en rendrons compte que plus tard dans la soirée !)...

Nous décidons ensuite de remonter par la côte ouest de l'île. La route longe 25 km de plages, les plus belles de l'île selon notre guide. L'endroit semble donc idéal pour un arrêt pique-nique. Nous longeons bien une vingtaine de kilomètres de plages bordées de cocotiers... mais également jonchées d'ordures ! On ne vous parle pas d'une canette vide ou d'un paquet de chips : le long du rivage s'entassent des emballages divers, des chaussures, des bouts de métal rouillés et même de vieux néons ! Une véritable vision d'horreur. Sur les 25 km de côtes, nous ne trouvons pas un seul endroit propre où nous arrêter et rentrons, finalement bredouilles, manger notre casse-croûte en ville. Le paradis a aussi ses limites...
Enfin, c'est la partie centrale que nous décidons d'explorer lors de notre dernière journée sur l'île. Nous en profitons pour nous arrêter dans l'une des nombreuses plantations de poivre que compte Phú Quoc. L'île s'est en effet spécialisée dans la culture de ce condiment qui nous est si familier. Ici, le poivre est récolté à la main puis mis à sécher sur place au soleil. C'est au cours de cette étape qu'il commence à dégager tout son parfum, et quel parfum ! Ce poivre est ensuite exporté dans le monde entier, l'Europe étant le marché le plus important.

Notre route nous mène ensuite jusqu'à la pagode Su Muong, située sur une colline et bien cachée par la forêt qui l'entoure. L'endroit est d'un calme incroyable. Quelques personnes s'affairent à nettoyer le temple et à astiquer le grand Bouddha qui s'y trouve. En nous promenant dans le jardin, nous faisons la rencontre de Johana, une jeune Allemande venue faire du volontariat au sein de cette communauté durant deux mois. Nous passons un agréable moment à discuter autour d'un thé en dégustant un morceau de Bánh tét *. Ce mets est préparé pour le nouvel an chinois, le Tét, qui aura lieux le 23 janvier cette année. À notre départ, un des membres de la communauté nous offre un Bánh tét fraîchement préparé. Nous sommes touchés par tant de gentillesse, nous qui ne sommes que des étrangers de passage... Sur les conseils de Johana, nous grimpons un peu plus haut sur la colline et admirons, une dernière fois, un magnifique panorama de Phú Quoc.

C'est certain, Phú Quoc, ses paysages magnifiques et ses plages paradisiaques vont nous manquer ! Ce fut une belle expérience que de pouvoir découvrir l'île et son côté encore sauvage. Nous ne la reverrons probablement jamais ainsi puisque, d'ici 2013, devrait être construit un aéroport international, faisant de Phú Quoc la nouvelle Phuket vietnamienne **. Déjà, au cours de nos escapades, nous avons pu voir certaines pistes en terre battue remplacées par de larges routes bitumées à 2 ou 3 voies, reliant le futur aéroport à la ville. Il ne reste plus qu'à espérer que les complexes touristiques ne viennent pas défigurer cette île aux paysages incroyables. Seul l'avenir nous le dira...

* Sorte de gâteau roulé, fait de riz agglutiné, fourré aux fèves et enroulé dans une feuille de bananier.
** Destination touristique balnéaire très connue en Thaïlande.


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Publié à 14:49, le 10/02/2012, Phú Qu?c Mots clefs :
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Le delta du Mékong (du 11/01 au 17/01)
Il est 7 heures du matin, nous prenons congé de notre hôtesse, dont la simplicité et la gentillesse nous laisseront un excellent souvenir de Saïgon. Nous voilà partis à la découverte du delta du Mékong, cette région très fertile située entre la mer au sud, la frontière cambodgienne au nord-ouest et la province d'Ho Chi Minh au nord-est. Nous avons l'intention de dormir tous les soir dans une ville différente pour pouvoir multiplier les étapes sans pour autant rallonger le temps de visite. Pour ce "deltathlon", nous prévoyons d'utiliser les transports locaux. C'est une nouvelle aventure car pour le reste du Vietnam, nous avions pris une sorte de billet "tout en un" comprenant les différentes étapes de Hà N?i à H? Chí Minh. Notre parcours nous emmènera à Hà Tiên en passant par M? Tho, V?nh Long, C?n Th? et Châu Dôc.
Le premier trajet vers M? Tho s'est déroulé assez simplement si on exclut le fait que les moto-taxis, que nous avons pris depuis la gare de bus jusqu'au centre ville, ne nous ont pas vraiment déposés où nous voulions mais plutôt devant un hôtel de leur choix un peu à l’écart du centre. Cette petite ville est surtout intéressante pour ses îles qui se trouvent sur l'un des neuf bras du Mékong. Le tarif du bateau pour ces îles est déraisonnablement élevé. Seule l'île la plus proche est accessible grâce à un bac emprunté par les locaux. Cette solution coûte tout de même environ 250 fois moins cher ! Incroyable...! L'île est couverte de vergers. Nous découvrons des manguiers, des arbres à pain ou jacquiers ou encore des arbres à litchis. Les habitants, qui doivent rarement voir des touristes passer devant chez eux, nous saluent très gentiment. Les petits enfants nous gratifient de mignons "hello!" avec leurs petites voix aiguës. Seuls les chiens ne nous ont pas très bien accueillis.

Le trajet en direction de V?nh Long n'est pas très clair. Il n'existe pas de bus direct. Nous en trouvons un qui devrait nous amener dans la bonne direction. Pour la suite, impossible de savoir si nous pourrons en trouver un autre qui nous amènera au but... Nous verrons bien. Le bus se remplit et se vide tout au long du trajet, puis il ne fait plus que se vider, ce qui nous indique que nous ne devrions pas tarder à arriver au terminus. Nous n'avons pas trop pu discuter avec la dame qui vend les tickets dans le bus, mais elle sait où nous souhaitons aller. À un moment, elle nous fait signe de nous préparer à descendre. En effet, ici, les bus ne s'arrêtent pas vraiment, ils ralentissent ! Puis, enfin, nous devons descendre. Nous voilà déposé au milieu de nul part à l'embranchement de deux nationales. Les conducteurs de moto-taxis nous attendent. On commence à les connaître ces filous ! Ne sachant pas exactement où nous nous trouvons, nous sommes à leur merci, dans une situation pas très enviable. Alors que le bus nous a coûté 32.000 VND (Viet Nam Dong ou Dong vietnamiem), les moto-taxis nous demandent 100.000 VND pour nous emmener à V?nh Long. Heureusement que la dame du bus nous avait glissé que nous ne devrions pas payer plus de 30.000 VND par personne ! Commence alors la négociation. Nous demandons 60.000 VND. Ils semblent disposés à baisser à 80.000 VND mais pas en dessous. Lorsque nous insistons pour descendre à 60.000 VND, ils font la moue. Ayant vu d'autres moto-taxis, Lucie me dit que nous devrions tenter notre chance plus loin. À peine avons nous fait mine de partir avec nos sacs à dos que nos deux compères enfourchent leurs motos et nous font signe qu'ils acceptent notre prix. Nous verrons que cette technique de discuter le prix puis ensuite de commencer à partir avec les sacs à dos permet souvent de conclure le marché au prix que nous considérons comme le bon.
V?nh Long ne nous intéresse pas outre mesure. Nous souhaitons aller sur l'île de An Binh juste en face. Nous y trouvons un "home stay", sorte de chambre d'hôte en pension complète, très sympathique. Nous passons l'après-midi à sillonner cette île luxuriante. Nous découvrons tout un réseau de canaux, de nombreux vergers tropicaux et de petits villages où les enfants crient "hello !" en nous voyant passer sur nos bicyclettes. Après cette belle promenade, nous nous détendons tranquillement dans des hamacs en écoutant les bruits de la nature. Le soir, le repas servi par nos hôtes est exquis ! Au Vietnam, nous avons mangé, au quotidien, de façon assez répétitive, des plats assez simples. Ce dîner nous a véritablement enchanté. En voici le menu : nems de manioc, rouleaux de printemps avec du poissons fraîchement pêché à rouler soit même, soupe de légumes légèrement sucrée, poulet au gingembre et lemon grass accompagné de son bol de riz, et enfin une coupe de fruits frais. Nous n'en avons pas perdu une miette !
Le lendemain, après un très bon petit déjeuner pris en compagnie d'un couple suisse très sympathique, nous prenons le temps de parcourir encore un peu cette belle île avant de partir pour C?n Th?.



Une fois arrivés à C?n Th?, nous nous mettons à la recherche d'une embarcation pour aller visiter, le lendemain, la marché flottant de Cái R?ng. Le soir, nous avons la bonne surprise de découvrir que l'esplanade au bord de fleuve est très vivante et animée. Nous en profitons, en nous asseyant sur un banc, pour manger une barquette de riz et observer le balais incessant des barques sur le fleuve.
Il est 5h30 du matin. Dans la nuit noire, nous rejoignons l'embarcadère accompagnés de la dame qui nous emmènera au marché. Nous prenons place dans la barque où les rames sont encore à poste mais sont souvent suppléées par le moteur. L'air est frais, la nuit est calme. Au fur et à mesure que le jour se lève, nous découvrons la vie du fleuve. Enfin, nous arrivons au marché flottant. Des dizaines de bateaux sont là ; les gros sont à l'ancre, les petits se faufilent à la rame ou au moteur. Chaque embarcation a accroché, à l'extrémité d'une longue perche de bambou, un échantillon de ce qu'il y a à vendre. Certains n'arborent qu'un ananas ou une botte d'oignons, d'autres y accrochent une dizaine de légumes différents. Depuis notre barque, nous essayons de photographier des instants de vie de cet endroit si animé et pittoresque. Au retour, nous passons par de petits canaux calmes et verdoyants. Sous l’œil de notre accompagnatrice, je m'essaye à la rame à la mode vietnamienne, c'est-à-dire debout et en poussant les rames croisées (main gauche rame droite, main droite rame gauche). Je dois concéder que ce ne fut pas un franc succès. La taille des rames est adaptée à une Vietnamienne pas à une grande perche de Français ! Et puis, il faut bien être honnête, il faut chopper le coup de main, ce qui ne se fait pas en cinq minutes !

 


Pour rejoindre notre prochaine étape, Châu Dôc, nous nous entassons à une bonne vingtaine dans un mini-bus de seize places. Nous sommes placés tout au fond, quasiment collés aux portes du coffre arrière. Il y a tout juste la place de glisser quelques bagages et ... un homme debout ! Ce n'est pas un passager, c'est un employé de la compagnie de transport. Il restera comme ça en attendant qu'une place se libère. Au bout d'une bonne heure, il vient enfin s’asseoir sur un siège. C'est à ce moment là que nous découvrons, avec le plus grand étonnement, qu'il est unijambiste ! Comment a-t-il pu tenir tout ce temps debout dans le coffre sur une jambe ? Avec tous les bagages, il devait sûrement être bien calé mais quand même !
À Châu Dôc, nous avons gravi une colline sacrée avec de nombreux temples très fréquentés pas les Vietnamiens. Les offrandes, faites dans ces temples par les fidèles, ont la particularité de n'être pas seulement des fruits mais également de la viande. On peut donc voir des personnes apporter des cochons laqués entiers avec un couteau planté dans le dos. Sûrement pour que les dieux puissent se servir !
À part cela, la ville de Châu Dôc ne nous laissera pas un souvenir inoubliable.

De Châu Dôc, nous partons pour Hà Tiên. Nous n'y resterons qu'une nuit en attendant de prendre le bateau le lendemain matin pour Phú Qu?c. Nous y faisons tout de même une rencontre très enrichissante. Le patron du petit restaurant où nous mangeons parle plutôt bien anglais, ce qui nous permet de commencer à discuter. Au bout d'un moment, il aborde le sujet du régime politique au Vietnam avec un parti unique et une administration corrompue. Il est très en colère contre cet appareil politique qui, d'une part, met des bâtons dans les roues des petits entrepreneurs comme lui, et, d'autre part, s'en met plein les poches. Il nous raconte que les Vietnamiens ne font confiance ni à la police ni aux banques. D'après lui, ils préfèrent garder leur argent chez eux. D'ailleurs, réflexion faite, nous avons vu beaucoup de vendeurs de coffres forts (mais bon pas seulement au Vietnam). Enfin, il aura fallu attendre quasiment la fin de notre voyage au Vietnam pour entendre de la bouche de cet homme que les Vietnamiens n'en pouvaient plus de ce régime. À l'image des révolutions arabes, il ne conçoit pas que rien ne change d'ici 2013. L'avenir nous dira s'il avait raison.

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Publié à 15:29, le 6/02/2012, Mekong Delta Mots clefs :
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Saïgon / Hô-Chi-Minh-Ville (du 06/01 au 10/01)
C'est au milieu d'une large rue passante de la ville que nous dépose le bus dans lequel nous avons passé près d'une journée. Des dizaines de restaurants, hôtels, cafés, agences des voyages et autres lieux touristiques nous entourent tandis que la circulation fuse sur la chaussée. Nous sommes en ville, pas de doutes, le changement avec ?à L?t est radical. Après avoir enfilé nos sac à dos, nous nous éloignons rapidement de ce concert de bruits citadins pour trouver un endroit plus tranquille.

À seulement quelques pâtés de maisons, derrière les coins à touristes, se cachent les véritables quartiers populaires de Saïgon composés d'un dédale de petites venelles très étroites (mesurant parfois moins d'un mètre). Nous nous enfonçons dans l'une d'elles et y croisons des enfants qui jouent tandis qu'une vieille femme se repose sur son fauteuil et nous fait un beau sourire. Au sol, des gens s'installent déjà pour manger une soupe, assis sur les marches de leur maison, tandis qu'en l'air on étend le linge... Au milieu de ce labyrinthe, nous finissons par trouver une petite pension dans une charmante maison verte... de 2,50 m de large sur quatre étages de haut ! Accueillis par la mère et ses filles, qui parlent à peine l'anglais, nous traversons leur minuscules séjour et cuisine pour visiter l'une des chambres qu'elles louent. Après avoir monté deux volées d'escaliers, à peu près aussi raides qu'une échelle, nous découvrons une petite chambre simple mais propre avec salle de bain sur le pallier. Depuis le petit balcon, nous sommes au cœur de l'animation du quartier et sentons déjà la ruelle prendre vie à mesure que le soleil décline. C'est décidé, c'est ici que nous poserons nos sacs à dos !

Saïgon, capitale économique du Vietnam, fut rebaptisée Hô-Chi-Minh-Ville en 1975*. Aujourd'hui, on voit pourtant encore figurer le nom de "Saïgon" un peu partout dans la ville. Malgré la densité de population très importante ainsi que le trafic intense qui règne dans la ville, Saïgon nous a paru moins étouffante que Hanoï. Certes, la ville ne possède pas le charme incontestable de Hanoï, la "ville musée", mais nous apprécions vraiment ses grandes avenues aux larges trottoirs permettant de flâner sans risquer de se faire renverser par un scooter ! Le soir, la ville s'anime et les parcs se remplissent d'hommes et de femmes de tous âges, tout juste sortis du travail, venus profiter des derniers moments de clarté pour faire de l'exercice.
Malgré le tournant résolument contemporain pris par l'architecture de la ville, Saïgon conserve, comme de nombreuses villes du Vietnam, de magnifiques bâtiment coloniaux, témoins de 95 ans d'influence française. Devant l'ancien Hôtel de Ville, aujourd'hui siège du comité populaire, trône une statue de l'oncle Hô souriant, tenant un enfant dans ses bras. Un peu plus loin, la Poste centrale est un superbe exemple de conservation du patrimoine architectural. À l'intérieur, on se croirait plongés cinquante ans en arrière. Des cartes anciennes décorent les murs, tandis que de vieilles cabines téléphoniques en bois sont toujours en service.
Plus tard, nous visitons la cathédrale de Saïgon, et avons la chance de tomber en plein mariage. Souvenirs, souvenirs ... Nous regardons les mariés échanger leurs consentements. La mariée semble heureuse et souriante... le marié, un peu moins ! À la sortie de l'église, d'autres couples, en attendant leur tour, se font photographier. Nous sommes invités à poser avec l'un d'entre eux et figurerons donc vraisemblablement dans leur album de mariage... en short et sandales !


Dans une ville au nom aussi symbolique que Hô-Chi-Minh-Ville, il était inévitable de ne pas visiter le musée des crimes de guerre rebaptisé, pour des raisons diplomatiques "musée des vestiges de la guerre", suite à des accords passés avec les Américains ! Le contenu est pourtant le même, toutes les atrocités de la seconde guerre du Vietnam, menée par les Américains, y sont exposées. Après avoir déjà bien fait le tour de la question de la première guerre, menée par les Français, au nord du pays (lors de notre passage à ?i?n Biên Ph? puis à Hanoï), nous sommes ici en pleine seconde guerre du Vietnam et découvrons, avec horreur, les dommages que cette guerre produit encore aujourd'hui. Les attaques massives menées à l'aide de l'agent orange ont, de nos jours, encore de graves conséquences sur des milliers de nouveaux nés qui naissent avec d'horribles malformations. Un constat terrible lorsqu'on sait que rien ou vraiment peu de moyens sont disponibles pour aider ces victimes des conséquences directes d'une guerre terminée il y a pourtant plus de 35 ans...
Le lendemain, c'est à la découverte de l'ouest de la ville, à Cholon, que nous partons. Ce quartier populaire est un peu le "Chinatown" de Saïgon. "Ch? L?n" signifie, en vietnamien, "grand marché", et pour cause, le quartier tout entier déborde de marchands s'affairant derrière leurs étals de fruits et de légumes, des bassines d'eaux grouillantes de coquillages et de poissons, des billots de bois avec des kilos de viande survolée par les mouches, des volailles ligotées sur la paille... En sortant du marché principal, les échoppes s'alignent, vendant tissus, bijoux, quincaillerie, vaisselle, papeterie... À Cholon, on trouve vraiment tout !


En nous éloignant un peu de l'effervescence du marché, nous tombons sur un temple très agréable, petit havre de paix au milieux de cette fourmilière. Nous y restons un bon moment à observer le ballet des fidèle venus faire des offrandes et allumer quelques bâtonnets d'encens avant de faire leur prière. La ferveur y est si grande que les milliers de bâtonnets et de spirales d'encens allumés finissent par créer un nuage presque opaque. Nous avons les yeux qui pleurent, et ne sommes visiblement pas les seuls ! En sortant du temple, la musique bat son plein, la foule se rassemble pour regarder la danse du dragon au son des tambours et des cymbales. Il s'agit d'une répétition pour la fête du Têt** qui aura bientôt lieu.

Nous terminons cette belle journée au sommet de la pagode de Giác Lâm où nous avons une vue splendide sur tout la ville.


Le soleil commence à décliner, il est temps pour nous de rentrer. Nous faisons un dernier petit passage sur le marché de Cholon qui, même à la nuit tombée, ne désemplit pas.

* Le 30 avril 1975 marque la fin de la guerre du Vietnam, le départ des Américains et la victoire Nord communiste.Le 2 juillet 1976, Saïgon change officiellement de nom et devient Thành ph? H? Chí Minh ou Hô-Chi-Minh-Ville en français, hommage posthume rendu au père de la nation vietnamienne réunifiée.
** Nouvel an chinois qui aura lieu le 23 janvier cette année.?
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Publié à 15:01, le 30/01/2012, Saïgon Mots clefs :
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Dà Lat (du 03/01 au 06/01)
Après les montagnes brumeuses de Sa Pa au nord du Vietnam, c'est avec plaisir que nous découvrons les montagnes ensoleillées de Dà Lat. Située à 1500 m d'altitude, la ville est à l'origine une station climatique créée à l'initiative du Dr Yersin* pour permettre aux colons de venir s'y reposer et profiter du climat tempéré, loin des chaleurs tropicales de Saïgon. Créée comme une "cité-jardin", le paysage a eu une importance déterminante dans la conception de la ville. On y trouve ainsi de belles villas dans les pinèdes, des lacs artificiels, et même un grand parcours de golf**.
Aujourd'hui le climat tempéré de Dà Lat permet surtout à l'agriculture de s'épanouir pleinement. Sur la route arrivant à Dà Lat, nous sommes impressionnés, et à la fois un peu déçus de voir d'immenses serres à perte de vue. Ces montagnes, que nous imaginions colorées de vergers et de champs prennent en réalité des reflets argentés dus à la réflection du soleil sur ces hectares de plastique translucide. Heureusement, une fois ces terres cultivées franchies, nous découvrons le centre ville, situé au bord d'un vaste lac (il faut marcher 5 km pour en faire le tour), et savourons le retour à des températures plus estivales. Après un mois d'hiver vietnamien, nous échangeons enfin nos polaires contre nos shorts !

Notre première soirée à Dà Lat est plutôt festive. Nous arrivons en effet le dernier jour du Hoa ?à L?t, festival durant lequel des milliers de fleurs, sous toutes formes de sculptures, décorent toute la ville. Cette fête s'achève par la dégustation du fameux vin de Dà Lat***, que l'on retrouve à toutes les tables des restaurants du Vietnam. Tout cela a un faux air d'arrivée du Beaujolais nouveau... et le goût aussi ! Ce soir, la place centrale de Dà Lat grouille d'activités, de gargotes installées un peu partout avec leurs "mini tables". Du haut du grand escalier qui y descend, la vue est impressionnante.

Le lendemain, nous nous mettons en route vers des découvertes architecturales très diverses. Nous visitons la pension Hang Nga ou "Crazy House", un hôtel construit par l'architecte ??ng Vi?t Nga dans un style très particulier. Entre les formes végétales à la Gaudi et la fantaisie du Facteur Cheval, l'endroit est original, mais est surtout devenu une attraction à touristes.

Nous poursuivons notre virée vers le palais de l'empereur B?o ??i, vaste demeure à l'architecture issue du mouvement Moderne. On ne s'attend pas à visiter de tels bâtiments, au style si occidental, dans les montagnes vietnamiennes. Pourtant, le colonialisme a laissé bien des traces à Dà Lat, comme en témoigne la gare, ou encore l'église. On se croirait presque en Europe !


Le jour suivant, sur notre scooter (nous adoptons le mode de transport local !), nous roulons en direction du mont Lang Biang, ou "Mont de la Dame", point culminant de la province de Lâm ??ng (2163 m). Contre toute attente, c'est avec des airs de Hollywood que se présente cette montagne sacrée. Décidément le Vietnam ne cessera jamais de nous étonner ! Toujours dans l'esprit américain, l'accès au sommet de la montagne est possible à bord de jeeps. Courageux routards que nous sommes, nous préférons effectuer l'ascension à pieds à travers la belle forêt de pins qui couvre la montagne.

Après toutes ces belle visites, Dà Lat nous permet aussi de faire des rencontres chaleureuses. Nous discutons ainsi à la terrasse d'un café avec une Vietnamienne qui se fait un plaisir de nous parler de sa ville, en français. Vincent, quant à lui, continue toujours à étonner les enfants par sa taille !

Notre séjour montagnard à Dà Lat s'achève déjà, et il nous faut reprendre la route vers une étape plus citadine, la plus grande ville du Vietnam : Hô-Chi-Minh-Ville (ex Saïgon) nous attend !
* Inventeur du sérum contre la peste.
** Un des plus grands parcours du Vietnam sur lequel se jouent aujourd'hui des championnats.
*** Issus des plus hauts vignobles d'Asie situés à 1200 m d'altitude.
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Publié à 14:30, le 25/01/2012, Da Lat Mots clefs :
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Qui sommes-nous ?
 Nous partons à la découverte de l'Asie du Sud-Est à travers la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge. Notre voyage se poursuivra en Australie, du côté de Sydney où nous séjournerons plusieurs mois grâce au visa vacances-travail.
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